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Découvrir la maison

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Visite uniquement avec un guide conférencier, sur réservation au 04 70 20 48 47


La Maison Mantin présente un plan asymétrique sur trois niveaux. Elle se caractérise par de nombreux décrochements, des tourelles, des baies de formes variées. Les toits débordants sont couverts de tuiles plates et les pignons sont coupés. Les parements sont construits en pierre aux joints cimentés. Des moulurations horizontales en pierre taillée scandent les étages. Les ouvertures présentent des encadrements en pierre plus claire et en briques. Un décor de terre cuite émaillée polychrome agrémente les façades.

La façade donnant sur le jardin Laussedat clôturé par des grilles d'inspiration Art nouveau séparées par des piliers alternant pierre et brique surmontés de vases Médicis. Les deux portails sont décorés de l'initiale du propriétaire. La tour a été placée exactement au-dessus de l'escalier du corps de logis du 15e siècle et permet d'accéder aux salles basses médiévales par une porte située à sa base. La façade opposée s'ouvre sur une terrasse qui dominait un jardin appartenant à Louis Mantin (aujourd'hui, une partie du parc municipal des Jardins-Bas).

Les décors peints

Les peintures se divisent en deux catégories. La première correspond à des murs unis, souvent sur un crépi peu apprêté, que viennent agrémenter des frises à motifs géométriques ou à dessins stylisés de végétaux. Ce décor est essentiellement présent dans les pièces secondaires et les espaces de passage.

La seconde rassemble des décors floraux (bouquets, guirlandes, fleurs diverses et rubans) traités dans un goût naturaliste et charmant, dans des teintes discrètes et fraîches. Quelques oiseaux et insectes viennent animer ces scènes bucoliques. Plusieurs de ces décors, comme ceux de la salle de bain, du plafond de la chambre de femme, évoquent les décors dits de « boutique », si habituels autour des années 1890-1900.

Les cuirs dorés

La tenture en cuir doré tendue sur les murs de la chambre de Louis Mantin est à considérer comme un véritable chef-d'oeuvre.

Légères, souples, résistantes et ornementales, les peaux travaillées à la mode de Cordoue bénéficient d'une faveur exceptionnelle en Europe jusqu'à la fin du 18e siècle, date à laquelle elles sombrent dans l'oubli. Aujourd'hui encore, ces luxueux « habits de lumière », destinés originellement aux demeures royales et princières, restent largement méconnus.

La basane – le cuir le plus souple issu du mouton – est recouverte de feuilles d'argent servant de base au décor. L'aspect doré est obtenu grâce à un vernis jaune. Imprimé à l'aide de planches gravées ou encrées, le dessin est peint, ou juste souligné, de couleurs à l'huile. Alors que les motifs les plus simples imitent les tissus, les tentures prestigieuses s'inspirent de la tapisserie de haute lice ou de la peinture.

D'abord importés d'Espagne, ces cuirs sont par la suite produits en Italie, en Hollande et en France (Paris, Rouen, Lyon, Marseille et Avignon). Des progrès techniques apparaissent comme le gaufrage qui anime les peaux de luxueux effets visuels. Une autre innovation majeure concerne les scènes historiées. Désormais réalisées en continu sur plusieurs pièces de cuir juxtaposées, les scènes gagnent en cohérence et en vivacité pour former de véritables tableaux.

L'atelier avignonnais de Raymond Boissier emploie cette technique pour ses décors thématiques. La tenture de la Maison Mantin, qui peut être datée de 1712, est exceptionnelle par sa taille mais surtout par son iconographie complexe qui propose des épisodes mythologiques (amour de Bacchus et Ariane, de Pyrame et de Thisbée...), historiques (suicide de Cléopâtre), des allégories (la Terre et le Feu) ou encore des scènes exotiques (procession d'un roi Chinois, Indiens accompagnés d'un éléphant.

Les vitraux

Les vitraux ne peuvent être attribués de façon précise à un verrier. Il semble que plusieurs ateliers soient intervenus. On a cité le nom des frères Tournarel à Paris que René Moreau faisait habituellement travailler. A aussi été évoqué l'atelier de Pierre Guibouret à Moulins qui fit de nombreuses verrières pour les églises de l'Allier. Il y avait alors une longue tradition de peintres verriers dans l'Allier et les départements voisins, mais après 1900 leur nombre a diminué de façon conséquente.

Les étoffes d'ameublement

La soie rose de la chambre de femme, le lin imprimé de motifs botaniques, les portières en tapisseries anciennes ou en lourds tissus de la fin du 19e siècle, abîmés par le temps, déchirés, affadis, impossible à restaurer, ont été entièrement refaits. Les originaux sont désormais conservés dans les réserves du musée.

« Les Amours » est un motif dont le dessin a été réalisé par un atelier de soyeux lyonnais dans la deuxième moitié du 19e siècle. Les cartons ont été heureusement conservés. Ils sont aujourd'hui la propriété de la maison Tassinari & Chatel (Lyon). Le retissage a ainsi pu être effectué à l'identique.

Le lin imprimé « Les Tournesols » est, quant à lui, édité en 1894 par l'entreprise Scheurer-Rott & Fils, installée à Thann, non loin de Mulhouse, à partir d'une gravure du 17e siècle. Le tournesol encadré du lys pourpre et de la couronne impériale, sont des références autant historiques que botaniques.

Le confort moderne

Bien que cette villa soit tournée par sa décoration vers le passé, elle est néanmoins en prise avec son époque notamment pour les éléments de confort. Ces innovations techniques d'avant-garde sont précieuses car elles ont rarement été conservées.

  • Le chauffage

En adjonction des nombreuses cheminées, un chauffage par air chaud est installé. Cette technique a souvent été adoptée dans les églises dans la seconde moitié du 19e siècle. Un calorifère à charbon chauffait l'air qui ressortait par des bouches en plusieurs endroits de la maison.

  • L'électricité

L'éclairage électrique est mis en place à Moulins en 1892. Les principaux cafés de la place d'Allier, ainsi que plusieurs négociants, adoptent la « fée électricité » qui devient un vrai objet de curiosité ! Cette électricité est fournie par une petite usine située à proximité de la Maison Mantin qui est la première maison privée électrifiée de Moulins. L'électricité y est utilisée uniquement pour l'éclairage.

  • L'hygiène

La salle de bain est précédée d'un cabinet de toilette. L'eau était chauffée dans la petite pièce au rez-de-chausée de la tour, le réservoir étant placé sous la toiture de cette même tour.

Chaque étage de la maison est équipé de toilettes. La cuvette en faïence blanche est encastrée dans un meuble en bois. La chasse d'eau emprunte le système de la pompe utilisé couramment sur les navires.

Tarif

Maison Mantin : Plein tarif 8€* / Tarif réduit 6€*
L'achat d'une entrée à la Maison Mantin donne un accès gratuit au musée Anne-de-Beaujeu.

Dernière mise à jour le 12/07/2017